Biographie de l’artiste

Autoportrait de 1957, Edouard Collin peintre et dessinateur figuratif

La vie professionnelle d’Edouard COLLIN

Edouard Collin est né à Meudon (à 8 Km de Paris) le 11 décembre 1906.

Son père est fonctionnaire et sa mère est sans profession: pas d’artistes autour de lui. L’aérodrome de Vilacoublay est à quelques kilomètres et les débuts de l’aviation sont liés à son enfance.

Très jeune il se donne complètement aux études artistiques. Il est accepté à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris. Parallèlement il passe les concours de l’Education Nationale pour pouvoir enseigner : à 21 ans il est major du concours pour l’accès au professorat des lycées et à 22 ans, major à nouveau du concours d’accès à l’Enseignement Supérieur (agrégation).

A l’école Nationale des Beaux Arts, après avoir obtenu plus d’une douzaine de médailles d’argent, d’or et de 1er prix, à 26 ans (1932), il reçoit le Grand Prix de Rome, consécration supérieure de l’Ecole.

Edouard Collin est très loin des artistes maudits. Il adopte les préceptes de l’école « naturiste » : vivre et manger sainement, fuir tout excès, pas d’alcool ni de tabac.

Dans cette période précédant la guerre, il conçoit de nombreuses affiches pour Renault, La Croix Rouge (vous pouvez en trouver dans les collections d’affiches anciennes), il réalise des décors de théâtre. Puis il fait 2 ans d’enseignement (1936-1937). Mais il arrête en raison de son désaccord sur les méthodes et les buts de cet enseignement.

Début 1937, mariage avec Simone Thierry une camarade des Beaux Arts, fille du Professeur Paul Thierry, chirurgien célèbre à cette époque. Ils ont une fille en 1938 et un fils en 1941 (promoteur du présent site). Mobilisation de 1939 à 1940 au début de la guerre. Il décore au passage le Couvent de Vic s/Seille. Après guerre, de 1945 à 1949, il s’installe à Antibes pour des raisons de santé et en conséquence de son mode de vie « naturiste ».
Il réalise la décoration  » à fresque » de la chapelle dédiée à Notre Dame du Bon Port (chère aux marins pêcheurs et militaires) dans la Chapelle de la Garoupe (18ème siècle), laquelle est perchée au sommet du Cap d’Antibes et domine les rades de Cannes et de Nice.
Durant cette période il dessine et peint des quantités de portraits et des croquis, de pêcheurs en particulier, mais aussi de tous les grands du jazz qui sont passés au célèbre Festival de Juan Les Pins (à l’époque de rayonnement mondial). Les archives de Nice Matin sont pleines de ses croquis (Sydney Bechet, Claude Luther, Lionel Hampton, etc.….).

Retour définitif à Paris en 1950 mais il reviendra toujours à Antibes, tous les ans. Il devient conseiller artistique de la Compagnie Générale Transatlantique (fleuron de la navigation de croisière française à cette époque, disparue avec la faillite générale de celle-ci). Il conçoit de nombreuses affiches que vous pouvez également trouver dans les collections d’affiches anciennes (attention : ne pas confondre avec celles de Paul Collin, affichiste célèbre de peu son aîné, qui en a produit également quelques unes très connues pour la Compagnie).

Il fait également les couvertures pour les menus de tous les hôtels gérés aussi par la Compagnie en Afrique du Nord, plusieurs décorations murales pour les paquebots  » Ville de Tunis » et « France ».

En 1959 il reprend l’enseignement dans les lycées, promouvant son idée que la peinture et le dessin, c’est très bien en primaire car les enfants aiment jouer avec les lignes, les formes et les couleurs (ce qui est l’essence même de l’art pictural), mais au lycée il pense que 99% des élèves ne deviendront pas artistes et seront par contre intéressés par les œuvres d’art; comme on achète des disques si l’on n’est pas virtuose soi-même.
Et pour cela il faut une formation artistique différente. Edouard Collin reçoit les Palmes Académiques en 1966.

Il a partagé sa vie entre peinture et enseignement, et sera connu dans un milieu restreint mais ne sera jamais célèbre auprès du grand public. Remarquable est sa carrière de portraitiste où sa virtuosité atteignait un sommet (collections particulières).

Il est mort à Antibes le 4 août 1983 à l’age de 77 ans.

Un mot sur l’oeuvre d’Edouard Collin

Edouard Collin est volontairement figuratif. Bien sûr l’anecdote que représente une toile distrait le spectateur de la contemplation esthétique reprocheront les « abstraits ». Oui, au-delà du sujet il faut voir le fourmillement des lignes, des couleurs, des formes créées par les lignes, la construction du tableau. C’est pour cela qu’à chaque tableau nous vous proposons quelques zooms sur des détails mais vous pouvez capturer ces images et zoomer à votre guise. Là vous découvrirez l’incroyable créativité et expressivité d’un « simple » coup de pinceau. Edouard Collin aimait citer Poussin :  » de la main du peintre ne doit sortir aucune ligne qui n’ait été formée auparavant dans son esprit ». Donc refus des « faiseurs de hasards »(selon ses propres termes), refus des gens qui jettent des couleurs sur une toile, et qui parfois s’y vautrent frénétiquement. Pour lui c’est du spectacle pour show biz, pas de l’art.

A l’opposé l’abstrait sérieux, construit et « solide » éloigne malheureusement souvent le grand public qui n’a pas bénéficié d’une éducation de l’esthétique. On n’y trouve que ce jeu des lignes, des formes et des couleurs, cette construction de la toile, libérés de toute obligation de représenter ou de raconter (l’étude de l’anatomie et la représentation du corps humain ou des animaux fait l’objet d’un atelier très important aux Beaux Arts).

Edouard Collin veut rester figuratif et accepter la contrainte de respecter les règles de l’esthétique ainsi que la représentation d’un sujet pour rester dans un domaine connu de tous et utiliser l’impact de l’esthétique pour créer des émotions. Jusqu’au XXème siècle les artistes n’ont jamais contesté cette double exigence. Mais nombre de peintres ont aussi oublié que la représentation n’était pas la seule exigence (aujourd’hui qui plus est, il y a la photo qui peut y suffire) d’où les révoltes : fauvisme, cubisme, impressionnisme, abstrait. Voyez les premières toiles de Van Gogh représentatives de son époque, tout en noir et brun ( » jus de pipe  » dit-on), puis tout à coup  » fauves » et enfin Van Gogh.

Les caractéristiques d’Edouard Collin?

Enormément d’humour, truculent parfois (surtout dans ses dessins), mais plus discrètement il est présent partout. Il ne se prenait pas au sérieux et se moquait des  » gros dindons« (titre d’une toile de 1975)imbus d’eux-mêmes. Il y a toute une partie de son œuvre franchement narrative. A partir des années 70 il exprime une nostalgie certaine de la Belle Epoque et de son enfance. Sa toile  » Retrovalas » peut être le tête de série de cette tendance : il retourne survoler une vie que l’on imagine toujours, avec l’effet d’éloignement, plus facile, élégante, gentille, où l’humour se sent tout à fait libre. Il est tout à fait exceptionnel comme portraitiste (nous lançons un appel aux détenteurs de ses œuvres pour qu’ils acceptent de les faire figurer sur ce site).

Ses dessins et croquis sont aussi difficilement égalables : en quelques traits la silhouette est en place et très expressive. Ses toiles commencent par une composition dessinée et de nombreux croquis de détails lui sont nécessaires pour les réaliser. Nous les avons parfois placés comme des zooms de détails.